La recherche
Les douze domaines de recherche
A l’aune des grands campus mondiaux, une communauté scientifique rassemblée sur un même site peut prétendre faire « masse critique » quand elle dépasse le cap du millier de chercheurs. C’est le cas du Campus du plateau de Saclay qui, avec près de 20 000 chercheurs ou enseignants chercheurs, hébergera en 2015 une douzaine de domaines dépassant ce seuil. Pour tous, on annonce entre 500 et 3000 chercheurs ou enseignants-chercheurs et, pour la plupart de ces domaines, cela représente entre 10 et 20 % des forces nationales en recherche publique. Le nombre bien sûr ne suffit pas, l’excellence scientifique restant le paramètre déterminant. Il s’agit de poursuivre et d’amplifier la tradition du plateau en ce domaine. On peut citer les prix Nobel de physique d’Albert Fert en 2007 (chercheur au CNRS et professeur à l’université Paris-Sud 11) et de Pierre-Gilles de Gennes en 1991 (professeur à l’Université Paris-Sud 11), ainsi que les médailles Fields de Wendelin Werner en 2006 (professeur à l’université Paris-Sud 11 et à l’école normale supérieure), Laurent Lafforgue en 2002 (chercheur à l’Université Paris-Sud 11 puis à l’IHES), Jean-Christophe Yoccoz en 1994 (professeur à l’université Paris-Sud 11), Pierre-Louis Lions, également en 1994 (professeur à l’École Polytechnique) ou encore Maxime Kontsevitch en 1998 (professeur à l’IHES).
Certains de ces domaines font déjà l’objet de structuration forte (on peut citer l’exemple des deux Réseaux Thématiques de Recherche Avancée). Ils sont déjà tous présents sur le site, mais pour certains d’entre eux, l’arrivée de nouveaux établissements va parfois mener à un doublement de l’activité (sciences et technologies de l’information et de la communication, biologie, sciences agronomiques).
- Biologie et santé
- Chimie
- Climat et environnement
- Economie, finance et gestion
- Energie à bas carbone
- Mathématiques
- Nanosciences et nanotechnologies
- Sciences de l’ingénieur et des systèmes
- Sciences et ingénierie du vivant pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement
- Sciences et Technologies de l'information et de la communication
- Sciences humaines et sociales
- Sciences physiques
Une approche commune
Ces douze domaines de recherche ont une dynamique propre:
- Tout d’abord, les connaissances, donc l’enseignement, sont organisés autour de disciplines et, faire vivre les disciplines, c’est maintenir l’enseignement et la production de connaissances au meilleur niveau.
- D’autre part, toutes les disciplines ont une dynamique propre de réflexion et de production de connaissances « génériques ». Parfois elles se mélangent pour mener à la création de nouveaux concepts ou méthodes, comme c’est le cas par exemple entre la physique et la biologie.
- Enfin, elles ont également des développements méthodologiques et instrumentaux qui leur sont spécifiques. On peut d’ailleurs noter que la plupart des disciplines ont en propre un énorme potentiel technologique à travers le savoir faire accumulé : physique (spatial, détecteur et instrumentation), biologie (technologies de santé, biotechnologie), chimie (procédés, molécules).
Toutefois, l'enjeu affiché de ce rassemblement est d'associer les compétences présentes pour traiter les grands enjeux de ce début de vingtième siècle (énergie, climat, alimentation, santé,...). Dans tous les cas, seule une approche pluridisciplinaire prenant en compte les questions dans leur globalité permet d'aboutir à des effets tangibles. Il s'agit en effet dans tous les cas :
- De comprendre des systèmes complexes (les systèmes vivants, les écosystèmes, les systèmes climatiques…), ce qui fait appel souvent de manière croisée à la biologie, la physique, la chimie, aux sciences de l’environnement, aux mathématiques, etc.
- De concevoir des objets techniques pour mesurer ou agir, qui fait appel aux sciences de l’ingénieur, aux sciences des systèmes, aux sciences et technologies de l’information et de la communication aux nanotechnologies mais souvent aussi aux savoirs associés à l’objet que l’on mesure ou sur lequel on veut agir (environnement, écosystème, système de gestion de l’énergie, le vivant).
- De compréhendre les interactions entre ces objets et les activités humaines qui font appel à divers savoirs, sciences des risques, économie, gestion, sciences humaines et des sociétés.
- De passer du concept d'objet ou de service découlant de ces recherches à une réalité industrielle
Ces démarches impliquent une interaction forte et souvent quotidienne entre disciplines, qu’il s’agisse de dialogue au quotidien ou de co-construction de projets. Cette interaction est bien sûr grandement facilitée par la proximité des acteurs, et les outils qui seront mis en place, mais elle ne saurait s’arrêter au Campus.
- Tout d’abord, les chercheurs qui y sont présents bénéficient de liens forts avec les autres acteurs en Ile-de-France comme l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines qui est membre de ce projet et est partenaire d’une Unité Mixte de Recherche sur le Campus, le pôle d’Evry, Paris intra muros et les banlieues est et nord, qu’il s’agisse d’établissements académiques ou de pôles de compétitivité.
- D’autre part, les enjeux traités sont également l’objet d’importants échanges au niveau national et européen. L’Europe est clairement l’échelle naturelle pour traiter les enjeux de développement durable, de santé, de compétitivité économique et c’est dans la dimension européenne que le campus doit s’insérer.
Les six secteurs d’application
Les acteurs du campus du plateau de Saclay s’organisent autour d’objectifs qui s’intègrent dans les trois axes prioritaires du document « Stratégie nationale de recherche et d’innovation » du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pour chacun de ces trois axes, des masses de prés de 5000 chercheurs ou enseignants-chercheurs tous statuts confondus sont en cours de concentration par le biais de déménagements d’établissement, de la construction de bâtiments ou d’infrastructures spécifiques. Pour chaque secteur, il est prévu de créer des pôles de visibilité mondiale au travers de grandes opérations structurantes qui dépassent souvent le cadre du campus.
- L’urgence environnementale et les écotechnologies. Dans le cadre de cet axe prioritaire, deux domaines sont privilégiés :
- Le climat et l’environnement,
- Les énergies à faible émission de gaz à effet de serre (nucléaire, photovoltaïque, biocarburants)
Les recherches sur ces deux domaines, fortement couplées, reviennent à mieux comprendre l’impact de l’homme sur les éco-systèmes et à concevoir des produits et services qu’il s’agira de promouvoir. Il est important de souligner que traiter ces secteurs demande de prendre en compte de nombreuses disciplines, présentes sur place, les sciences de l’environnement, les sciences pour l’ingénieur lorsqu’il s’agira de proposer des solutions mais aussi les sciences humaines (économie, droit, sociologie) lorsqu’il s’agira de les implémenter.
- La santé, le bien être, l’alimentation et les biotechnologies. Les mouvements prévus vers le campus (déménagement de la faculté de pharmacie, déménagement d’une partie de l’INRA et d’AgroParisTech) vont rapprocher de nombreuses équipes jusqu’à former un ensemble de visibilité mondiale. L’une des caractéristiques fortes de ce rassemblement est qu’il favorisera le rapprochement des sciences du vivant et des sciences de l’environnement avec les sciences dures (rapprochement pharmacie - chimie - nanotechnologies - synchrotron Soleil - Neurospin, rapprochement sciences de l’alimentation et sciences de l’ingénieur. Deux domaines seront couverts :
- Alimentation et agriculture durable.
- Médicament et innovation thérapeutique.
- L’information, la communication et les nanotechnologies. Les activités de cet axe prioritaire sont déjà fortement structurées à travers le RTRA Digiteo, le réseaux des grandes centrales technologiques en nanoscience (RTB) et plus récemment l’initiative Nano INNOV dont Saclay est l’un des trois nœuds nationaux. Deux domaines traités au niveau du campus sont :
- Sciences et technologies de l’information et de la communication
- Nanotechnologies
Il est important de noter que la présence de nombreux chercheurs issus de « disciplines de base » (physique, chimie, biologie) ou de secteurs éventuellement clients (énergie, environnement) est un atout considérable.
Les colloques du Campus
L’organisation de l’activité scientifique au niveau du campus du plateau de Saclay, a pour objectif de structurer l’activité dans les douze domaines thématiques, de la mettre en visibilité et également de favoriser le dialogue entre les thématiques. L’un des outils dont dispose la fondation est l’organisation de « colloques stratégiques ».




