Etienne Klein, Directeur de recherche au CEA
En toute rigueur, le big bang désigne l’époque très dense et très chaude que l’univers a connue il y a 13,7 milliards d’années. Il désigne aussi l’ensemble des modèles cosmologiques qui décrivent cette phase, et qui commencèrent d’être discutés dans les années 1950, après que George Gamow eut démontré que l’univers primordial avait dû être non seulement très petit et très dense, mais aussi très chaud, très énergétique.
Ces modèles de big bang font désormais l’unanimité car ils bénéfi cient de trois « preuves » :
les galaxies se fuient les unes les autres d’autant plus rapidement qu’elles sont éloignées comme dans un univers en expansion ; le rayonnement diffus cosmologique dont ces modèles prédisent l’existence et les propriétés a été observé en 1965 et abondamment étudié depuis ; les proportions que ces modèles imposent pour les éléments chimiques légers correspondent aux mesures qui ont été faites.
Mais en général, le terme big bang est employé dans un sens notoirement différent, tel une métonymie de l’origine, comme si les modèles de big bang avaient directement accès à « l’instant zéro », présenté comme l’instant marquant le surgissement simultané de l’espace, du temps, de la matière et de l’énergie. Cette assimilation traduit-elle vraiment ce que disent nos équations ou s’agit-il d’un abus de langage ?
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